Site, blog d’écriture ayant pour objectif d’aborder des thématiques diverses & variées par le biais de récits personnels sous forme de nouvelles, de fictions.
Dans le cadre de ce deuxième post, et avant toute publication de récit,
J’avais l’envie de vous proposer une note vocale (qui comporte quelques bafouillages, certes 🥲). En espérant que vous puissiez saisir tout l’enjeu et l’intention de ces propos, qui à mon sens ont leur importance…
« Le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder »Oscar WILDE – écrivain Irlandais
Un léger propos liminaire afin de me présenter sur cette page.
J’ai hésité quelques temps avant de me lancer, écrivant régulièrement à des fins personnelles, qui pourraient être qualifiées d’exutoire. Le fait est que, j’ai toujours cru à la force de notre pensée, sa puissance…autant dans son sens productif, réflexif, qu’au travers de ruminations sous forme de boucles sans finalité concrète. Au fil des années, j’ai toujours pris plaisir à la matérialiser, la structurer par le biais de l’écriture, dans son aspect inventif, fictif, parfois thérapeutique. Cela depuis mon enfance, faisant partie de cette génération où les journaux intimes trônaient sur les tables de chevet, ou bien cadenassés dans le tiroir de ces mêmes tables, pour des raisons évidentes d’intimité.
Passionnée par la musique (notamment la culture RAP dans les années 2000, grâce à mon grand-frère, où j’ai pu y découvrir la beauté et la subtilité d’une rime avant d’appréhender la poésie à l’école), la lecture (par mes instituteurs, puis plus tard, mes professeurs de français et philosophie), sensible à l’art sous toutes ses formes (architecture, peinture, sculpture & autres, grâce à ma maman, qui m’a baignée dans cet océan créatif de par ses études d’Arts Déco)… J’ai connu le monde de la danse classique dès mon plus jeune âge, ce qui, je pense m’a permis d’appréhender une forme de discipline, rigueur au service d’une harmonie et élégance.
Avec le temps, j’ai trouvé des sources d’inspiration au travers de nombreuses oeuvres, ait été amenée à développer des schémas de pensées, élaborer des pensées réflexives autour de plusieurs thématiques. Inévitablement mes expériences de vie, ponctuées par des facteurs autant intrinsèques qu’extrinsèques, m’ont forgée.
C’est pour cela qu’aujourd’hui, j’ai cette envie de partage.
Livrer des pensées personnelles, imaginaires, fictives à travers cet outil, sans prétention aucune. Peut-être avec cette intention sous-jacente de toucher, susciter l’émotion. J’ai regardé de nouveau une série récemment que j’avais visionnée pour la première fois durant mes années lycées (« GIRLS » de Lena Dunham, qui est pour moi un chef d’oeuvre, pour toutes ces pré-adultes paumées dont je faisais partieà l’époque) – un passage m’a particulièrement touchée et éclairée : lors d’un échange, elle y explique ce qu’elle souhaite faire de sa vie en réponse à une question. Sa réponse a été la suivante : « Je veux écrire. Je veux écrire des histoires pour que les gens se sentent moins seuls que moi. Je veux faire rire sur des sujets douloureux de la vie. Voilà ce que je veux faire ».
Aujourd’hui, je dirais que c’est cette séquence qui a suscité un point de départ à cette « introdiction » (terme emprunté au titre d’un son des plus grands MC français de tous les temps : Solaar).
En espérant que cela vous procure autant de plaisir qu’il en est le cas pour moi.
Il met une ambiance tamisée comme à son habitude, ajoute un fond sonore. Puis, il questionne sur ce qu’ils veulent boire. Une bière pour elle, un rhum pour N. De même pour lui.
A chaque fois qu’elle croise son regard, ou qu’il s’adresse à elle, il ne peut s’empêcher d’avoir un léger sourire en coin. Il a l’air si intrigué, si excité intérieurement par ce qu’il va se produire au sein de son environnement, qu’il ne parvient pas à dissimuler ces émotions sur son visage.
Il choisit de s’installer sur le bout de sa méridienne, face à son canapé. Elle s’est posée en face de lui à sa gauche, N. s’est installé à côté d’elle, le coude posé sur l’accoudoir, les jambes écartées. N. a l’air à l’aise : ils le sont tous deux aussi. Ils discutent tous ensemble de choses et d’autres, restant dans la superficialité des sujets. Les questions s’enchaînent. Puis, il demande où nous nous trouvons dans la ville, histoire de se géo-localiser par rapport à son auberge de jeunesse.
Il fait très lourd à l’extérieur. Son appartement étant peu isolé, une chaleur ambiante émane de ce dernier. Lorsqu’elle décroise ses jambes, l’intérieur de ses cuisses ayant été en contact, elles sont toutes mouillées. Elle ne saurait dire si ce n’est uniquement de la sueur liée à ses cuisses qui se touchaient, ou alors l’expression de son désir qu’elle ressent. Sûrement les deux. Car depuis ce qu’ils ont partagé dans les toilettes du bar, elle le désire et désire ce moment encore plus.
Elle a le bas du ventre qui se tord, par moments. Des sensations corporelles qu’elle ne semble jamais avoir ressenties jusqu’ici. Maintenant, elle sait quelles manifestations corporelles elle peut associer au désir. Elle se sent consumée. Ils continuent de leur côté à échanger. Elle semble avoir activé le mode écoute mais, intérieurement : elle n’est pas là. Elle les observe en étant à l’écoute de son corps. Et, elle demande à N. si elle peut embrasser leur hôte. Ce à quoi N. répond « carrément, vas-y ».
Elle s’approche de lui, ne touche aucune partie de son corps, qu’elle commence à connaître quasiment par coeur depuis le temps. Elle se rapproche doucement de sa bouche, l’embrasse deux à trois reprises de façon lente, puis elle commence à ralentir davantage, en l’embrassant plus langoureusement tout en accédant à l’intérieur de sa bouche. Il s’y met également.
Durant cet instant, elle sent que N. se rapproche d’eux. N. pose délicatement ses mains sur ses épaules, les caresse un peu. N. se trouve derrière elle. Elle ouvre les yeux pour le regarder : il la regarde aussi, et continue à l’embrasser.
N. fait tomber les bretelles de son haut, les fait glisser sur ses bras : le haut tombe en bas de son ventre, elle se trouve désormais seins nus. N. lui caresse le dos – de l’autre côté, bien qu’il l’embrassait, il a toute conscience de ce qu’il s’est passé. Il arrête de l’embrasser, lui touche les seins tout en la regardant. Elle voit qu’il est excité. Il voit qu’elle l’est aussi. Leurs regards sentent cela, leurs respirations aussi : leur non-verbal parle pour eux, ils se comprennent rien qu’en se regardant. Elle ressent que N. est excité lui aussi, car il la caresse d’une façon qui parle pour lui également.
N. passe ses avants-bras autour de ses hanches, pour venir toucher son ventre encore habillé avec ses mains. De son côté, il dépose ses mains de sa poitrine, ôte sa chemise. Se lève, et enlève son jean. N. attrape son haut et elle comprend qu’il faut qu’elle lève les bras, afin qu’il lui glisse par le haut. Leurs regards masculins se croisent l’espace d’un instant.
Le moment est doux, lent. Ils rentrent subtilement dans l’expérience, se parlent très peu. Tout est histoire de toucher, ressentis, non-verbal. Ce qui semble faire grimper la température corporelle de chacun.
N. commence à lui toucher la poitrine, tout en restant dos à elle. Il est debout devant elle, un peu éloigné, boit une gorgée de son rhum. Il ne bouge pas, le regarde lui caresser ses seins. Puis il la regarde : ils se sourient lentement, les clignements de leurs paupières sont plus longs, intenses. N. l’embrasse dans le cou, qu’elle bouge subtilement. Elle ne voit pas N., le ressent exclusivement, tout en gardant un visuel sur lui. Elle se mordille la lèvre inférieure, tout en ayant déposé l’arrière de sa tête sur l’épaule gauche de N.
Restant debout, il baisse son caleçon et commence à se toucher. Elle le regarde intensément. N. voit ce qu’il fait, et lui demande, à elle, s’il peut lui enlever sa jupe. Elle s’allonge et N. lui retire cette dernière ainsi que son tanga. Puis, N. se recule sur l’accoudoir mais cette fois-ci, le dos contre celui-ci. N. enlève son t-shirt, son pantalon et son caleçon. De son côté, elle se retourne et se lève pour embrasser N. Il continue de se toucher tout en restant debout, d’une main, et reprend par moments des gorgées de rhum avec l’autre.
Elle arrête d’embrasser N. et s’assoit. Elle boit une gorgée de sa bière, en profite pour leur demander si tout est ok. Leurs sourires les trahissent : c’est complètement ok.
Elle reste assise, N. vient l’embrasser sur sa gauche, et lui vient s’installer à sa droite, à côté d’elle…
Il lui touche l’épaule, lui embrasse le cou de son côté, fait glisser ses doigts sur son sein. Elle paraît électrisée par ce moment. Il continue à descendre ses doigts, jusqu’à toucher son bas ventre. Il fait le contour de son aine, l’intérieur de sa cuisse avec le bout de ses doigts. Il commence à la toucher, doucement. « C’est mouillé… » dit-il à voix haute, s’adressant à elle. Elle continue à embrasser N., et l’entendre lui dire ça fait que N. l’embrasse de façon plus intense. Elle ouvre les yeux : N. a les yeux ouverts également, et regarde sur sa droite vers le bas : N. regarde le mouvement des doigts de l’autre homme avec qui il doit composer à ce moment-là. Ça l’excite. Elle regarde un peu N. puis cesse de l’embrasser, pour regarder son sexe, et elle s’en saisit. N. a maintenant son regard rivé sur son sexe.
Elle se tourne sur son côté droit afin de rétablir un contact visuel, il commence à user de ses doigts un peu plus longuement, à aller un peu plus loin. Ils se regardent, et ils s’embrassent. N. lâche un gémissement. De son côté, elle sent qu’elle ne va pas tarder à être un peu plus vocale également.
Ils continuent cette gymnastique d’esprit, de ressentis et d’échanges quelques instants, puis ils switchent les manoeuvres : elle continue de l’embrasser, mais c’est son sexe qu’elle touche à présent avec son autre main. N. a ses doigts entre ses cuisses, puis elle embrasse N. de nouveau.
Ils décident de faire une brève pause, boire deux, trois gorgées, puis l’hôte suggère qu’ils passent de l’autre côté de la pièce. Ils approuvent, échangent sur leurs envies. Naturellement. Elle, elle a envie de tout. N. ne se positionne pas trop, spécifiant qu’il est « chaud pour tout ». L’hôte annonce qu’il a envie de les regarder. Ils approuvent également.
N. et elle s’assoient sur le lit, face à face. Lui, s’assoit dos à un meuble. N. et elle se regardent et s’embrassent. N. lui touche les seins, les fait basculer tous deux du côté de l’hôte, ce qui fait qu’à présent, il le voit la toucher. La position fait qu’avec le miroir, il le voit également lorsqu’il introduit ses doigts en elle. N. ne le voit pas. Elle commence à gémir un peu, N. la touche un peu plus profondément. Elle se met intégralement sur le dos, puis elle regarde sa connaissance de longue date à l’envers : il a changé de position, et se touche désormais. De son côté, elle ne fait que le regarder. Elle oscille parfois avec N., et le touche aussi. Ils continuent ça un instant, puis elle déclare à voix haute qu’elle souhaite que l’un d’eux la prenne. Il y a un moment de latence, et son hôte se positionne. N. est ok pour les regarder.
Ils inversent leurs rôles : il vient la toucher en étant sur ses genoux, N. se met dos contre ledit meuble, debout. N. se touche en le regardant la toucher. N. la regarde, elle se touche la poitrine, elle regarde N. à l’envers. Puis, elle touche son hôte. Elle y va doucement mais pas longtemps, intensifie rapidement son mouvement. Elle le sent s’agiter un peu, il intensifie la façon dont il fait des vas et viens à l’intérieur d’elle, avec ses 4 doigts. Elle aime ça, il lui a déjà fait. Il le sait. Ils continuent quelques instants, puis il vient au-dessus d’elle. Il fait tellement chaud dans la pièce, ils sont tous humides. Il se touche un peu avant de la prendre. Il y va doucement, et là c’est elle qui lui énonce qu’elle est suis toute mouillée… Il continue à la prendre, alternant des phases plus rapides et des phases plus lentes.
Elle demande à N. s’il continue de se toucher : il répond qu’oui, et qu’il kiffe.
L’hôte s’adresse à elle, lui dit qu’il a envie qu’elle se me mette face au miroir, de la prendre en levrette. « Que oui », elle lui répond. Ils s’exécutent. N. continue de les regarder, et elle peut désormais les voir tous deux.
Parfois, elle pose sa tête sur le matelas, pour ressentir avec un sens de moins.
Il ne regarde que son sexe faisant des allers-venues, les fesses d’allure féminines qu’il tient fermement, puis il la regarde longuement aussi. Ils poursuivent, l’intensité montre d’un cran. Puis, N. demande s’il peut à son tour la prendre. Elle valide, lui aussi, puis y vas un peu plus fort après avoir su qu’il allait devoir s’extraire d’elle. N. part chercher un préservatif, il continue à la prendre fort. Il ralentit, redescend : il n’est pas encore venu. Il sort d’elle, lui touche les fesses délicatement. Il se lève et sort de son matelas. N. arrive et lui demande si cela la dérange s’il la prend de la même manière, lui aussi, elle lui signifie que non.
N. rentre en elle, pousse un gémissement. Elle aussi après ce qu’il lui a été donné précédemment – elle est traversée par des vagues de plaisir intenses depuis le début de cette soirée. De son côté, il est debout et se touche de nouveau, doucement en le regardant la prendre. Voyant à quel point elle est excitée, ça l’excite d’autant plus.
Elle, lorsqu’elle les regarde à travers le miroir, elle voit N. qui la prend fermement, son hôte qui la désire à distance.
N. commence à aller un peu plus vite, puis modère la vitesse. L’hôte voit ce que ça génère en elle. Lorsqu’elle ferme ses yeux par moments, elle ressent et sait qu’il la regarde. Cela l’excite d’autant plus d’avoir notion de cela les yeux fermés. Elle commence à bouger son bassin pour s’adapter à la cadence. Elle ouvre les yeux et voit qu’il se touche plus intensément. N. gémit de son côté, elle ressent intérieurement qu’il n’est pas loin de venir, il agrippe ses hanches. Elle bouillonne intérieurement, mais ce n’est pas avec N. qu’elle a envie de jouir ce soir.
N. vient. Il ralentit, mais l’hôte de son côté ne ralentit pas. Elle le voit. Elle demande à N. si ça va, lui dit « carrément ». Il s’extrait d’elle, se lève. L’hôte a cessé de se toucher, mais la regarde encore.
N. sollicite l’hôte savoir s’il peut se permettre de prendre une douche.
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Ils se retrouvent à 2, N. est parti de l’appartement.
Il n’est pas trop redescendu. Elle, elle reste dans un état de tension : elle sait qu’elle a été suffisamment stimulée pour avoir envie d’être touchée, de toucher à son tour de façon intense. Elle annonce avoir l’envie d’un soixante-neuf. Il approuve…
Il est déjà dur lorsque qu’elle le prend en bouche. Il la stimule avec sa langue doucement. Elle accélère son mouvement et de ce fait, lui aussi. Elle ajoute sa main : il gémit et elle le sent sur son clitoris.
Elle a une première vague, onde, qui la traverse : elle n’est pas loin. Lui non plus croit-elle. Ils régulent un peu, histoire de faire perdurer ce plaisir. Puis, elle le prend intégralement, il insère ses doigts en elle en plus d’utiliser sa langue. Il y va, et bien. Plusieurs vagues arrivent : elle est en train de venir, il sait. Elle enlève son sexe de sa bouche, il l’écoute attentivement. Elle continue à le toucher avec sa main tout en exprimant ce qui se passe en elle.
A un moment elle lui dit « maintenant, c’est à moi de m’occuper de toi ». Elle le reprend au fond de sa bouche, plusieurs fois, joue autour de son gland avec sa langue, puis le prend de façon vive. Il est allongé sur son flanc droit sur son lit, elle se positionne de sorte à ce qu’elle puisse le voir. Elle y va plus fort, remet sa main, qui par moments se corrèle sur le mouvement de sa bouche, parfois à l’inverse.
Il lui annonce qu’il va venir. Elle continue puis se met à le regarder : il saisit ses cheveux mais la laisse gérer l’intensité.
Et il vient dans sa bouche.
Quelques instants plus tard, il déclare qu’il est temps de se reposer après tout cela, lui suggérant de rentrer dormir chez elle.
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Intérieurement, elle pensait que la réalisation de ce fantasme pourrait susciter une forme d’avènement, la mise en lumière de quelque chose de plus profond entre eux deux. De par cette suggestion de sa part, elle compris qu’il n’en fut rien. Qu’il n’en sera jamais rien de plus, que des instants charnels partagés.
Elle tente tant bien que mal de contenir son émotion, mais ses yeux ne peuvent s’empêcher d’être humides. Elle n’ose pas parler, de peur que l’émotion qu’elle ressent vienne teinter sa voix, faire transparaître quelque chose : elle a son égo.
Elle décide de se rhabiller en silence, tête baissée. Lui, s’affaire niveau rangement au sein de son appartement.
Elle se chausse – ayant repris ses esprits, lui envoie un : « merci pour ces émotions » (intérieurement, elle se dit cette bonne vieille expression connue de tous : « merci pour les roses, merci pour les épines »).
Il lui dépose un bisou sur le front.
De son côté, elle n’entreprend rien d’autre que tourner ses talons, afin de quitter cet appartement au plus vite.
Elle sait, que c’est la dernière fois qu’elle venait là.
Elle sait, qu’elle a passé de nombreux moments, tous particuliers à leur manière, dans cet endroit-là.
Elle sait, qu’elle ne peut continuer comme ça.
Elle décide de changer son habitude, car elle prenait toujours l’escalier lorsqu’elle en partait. Cette fois-ci, elle décide de prendre l’ascenseur.
Elle se sent vide. Fatiguée. Lassée.
Pas assez.
Elle monte dans l’ascenseur, se regarde dans le miroir : ses yeux sont rouges, le mascara a quelque peu marqué ses paupières au-delà des cils.
Les larmes montent à nouveau. L’ascenseur émotionnel qu’elle vient de vivre ne la laisse pas indemne.
Les 4 étages sont longs, cette confrontation avec soi-même, visuelle, est raide.
Mais au fond d’elle, elle sait qu’une forme de libération arrivera : quelqu’un parviendra, un jour, à aimer son monde.
Ils avaient décidé au préalable de se retrouver dans un bar. Parce qu’ils avaient eu l’envie de faire différemment cette fois-ci : tant qu’à finir la soirée ensemble, autant la commencer aussi.
L’été bat son plein. Ils se retrouvent en terrasse, assis côte à côte. Cela faisait longtemps que ça ne leur était pas arrivé, ce contexte.
Il lui évoque ses envies charnelles tout en se rapprochant d’elle, lui caressant subtilement la cuisse. Elle frisonne. Cette réaction est perceptible au-delà de sa cuisse : on peut percevoir sa pilosité de façon verticale sur ses avant-bras. Ce contact lui procure des décharges électriques, tant ses caresses subtiles, que son regard qui la magnétise. Puis, elle engage la discussion sur l’un de ses fantasmes, dont il lui a parlé à plusieurs reprises : le faire à trois. Au fond d’elle, elle se dit qu’ils n’ont jamais réellement discuté de cela, de ce qu’il voudrait, de sa perception de la chose. De ce qu’elle voudrait elle aussi. Du cadre qu’ils poseraient éventuellement ensemble.
Il lui énonce qu’il ne serait pas contre que la tierce personne soit de sexe masculin. Elle semble étonnée…mais il lui fait comprendre qu’il serait particulièrement stimulé, excité à l’idée de voir quelqu’un s’occuper d’elle, devant lui, la pénétrer, devant lui. Prendre du plaisir, devant lui : sans que ce soit lui qui drive.
Il lui dit penser que ce serait des sensations similaires, voire plus intenses que lorsqu’ils se sont essayés à regarder du porno ensemble. Qu’il a envie d’essayer ça, avec elle. Il ne lui donne pas d’échéance, lui suggérant toutefois de méditer sur le concept, sans imposer quoi que ce soit. Elle ne semble pas avoir trop d’avis, mais intérieurement : elle se sent tentée. L’entendre évoquer cet ensemble a généré quelque chose en elle. Mais, elle se contente d’acquiescer d’un signe de tête.
Ils poursuivent leurs échanges, notamment sur ce qu’ils ont envie de se faire mutuellement après ces quelques verres, soit chez lui, soit chez elle. Elle lui propose d’aller dans un bar différent, plutôt d’ambiance, avant de rentrer et passer à la suite.
L’autre bar est uniquement en intérieur, il fait un peu sombre. La musique est agréable, de style électronique. Ils commandent au bar, elle se retourne. Son regard croise celui d’un autre homme, qui semble être là avec un groupe d’amis. Il semble éméché, mais bien. Elle le surprend à la regarder de nouveau, tandis qu’elle dresse un bref état des lieux des personnes au bar ce soir.
De son côté il ne voit rien de la scène, car il discutait avec le serveur du bar qu’il lui dit connaître. Leurs verres arrivent. Elle sent son regard sur elle lorsqu’elle lui parle, lorsqu’elle le touche. Elle est gênée. Il lui demande ce qu’il se passe. Elle lui répond qu’il y a un homme sur la piste de danse qui les scrute. Elle, qui pensait que ses regards n’étaient que pour elle, commence à saisir qu’il semble apprécier lorsqu’elle a un contact physique avec lui : il regarde dans leur direction d’autant plus. Elle sent une forme de tension interne, qu’elle ne ressent pas négativement. Elle apprécie ce ressenti. Elle le regarde profondément et lui dit : « je crois qu’on a trouvé notre tierce personne » – il semble surpris. Ce à quoi il lui répond que sa méditation sur le sujet fut brève, tout en lui déposant un bisou sur le front.
Il est plus petit que lui – la peau dorée, les cheveux châtains mi-longs.
Il lui propose d’aller se mixer à leur groupe en allant danser. Ses potes sont avenants, ouverts à la discussion. Ils ont des atomes crochus avec quelques-uns. Elle décide d’entreprendre de son côté, une forme d’approche auprès dudit homme qui les intéresse. Elle lui pose tout un tas de questions bateaux, elle sait désormais qu’il s’appelle N., qu’il n’habite pas ici. Il fait un stop ce soir dans une auberge de jeunesse avec ses amis, et repart demain dans la matinée. Il lui demande s’il est son mec : elle répond que non. Elle lui explique qu’ils se connaissent depuis longtemps, qu’ils se voient régulièrement dans un contexte charnel. Qu’ils se découvrent, qu’ils explorent : qu’ils s’explorent sexuellement. Elle lui demande si de son côté il a quelqu’un, lui répond que non. Il commence à se rapprocher d’elle, commence à danser avec elle.
Elle le voit la regarder au loin avec un léger sourire en coin. Il est assis sur la banquette avec les amis de N., lui fait un clin d’oeil. Elle continue de danser avec lui, et comme N. auparavant : il les regarde d’autant plus. Elle l’embrasse. Ils s’embrassent. À ce moment là, elle sait qu’en étant assis sur sa banquette, il sait. Qu’il est maintenant sûr qu’ils finiront cette soirée à trois, ce soir.
Le son sur lequel N. et elle dansaient se termine. N. rejoint ses potes, tandis qu’elle vient le retrouver, en s’asseyant sur la banquette à ses côtés. Elle lui explique ce qu’ils se sont dit : elle ne lui a rien proposé pour l’instant mais l’envisage fortement, ce d’autant qu’il n’est pas du coin, de passage. Elle lui dit qu’il faut qu’elle aille aux toilettes. Elle ne semble pas s’être aperçue qu’il lui a emboîté le pas.
Dès que la porte des toilettes se ferme, il la plaque intensément contre le mur, l’embrasse avec tout autant d’intensité. Il lui dit au creux de l’oreille que le voir la toucher, la voir l’embrasser, lui se coller à elle, lui a donné envie d’elle. Il la touche et l’embrasse un peu partout, passe ses doigts sous sa jupe. Elle est déjà mouillée, lui demande d’y aller doucement : la soirée n’est pas finie. Rien que ses regards lorsqu’elle était avec N. l’ont rendue toute chose, elle lui avoue. Elle craint aussi que quelqu’un ne rentre, la porte n’est pas verrouillée. Elle a pourtant envie qu’il la prenne, son corps parle pour elle. L’ambivalence qu’elle ressent à ce moment-là l’active, lui donne envie de s’agenouiller. Le prendre en bouche. Ce qu’elle décide de faire. Elle s’empare d’inverser l’emprise physique à son avantage : c’est désormais elle qui se retrouve à le plaquer contre le mur, à l’embrasser dans le cou, un peu partout. Elle passe ses mains à l’intérieur de son jean, puis caleçon, afin de saisir et serrer subtilement ses fesses – elle commence à se baisser, soulève sa chemise pour embrasser sa région abdominale, puis juste au-dessus de la ceinture. Elle se met à genoux – commence à déboutonner son jean doucement, caresse son sexe par dessus son caleçon, doucement. Il se mordille la lèvre discrètement, lui dit que « c’est bon », qu’il adore ce qu’elle fait avec ses mains. Elle le regarde intensément, puis lui dit : « je sais que tu aimes ça, que tu aimes ce que je vais te faire. Tu sais que j’ajoute quelque chose de différent à chaque fois. Tu vas aimer, et encore plus dans ces conditions ». Il la regarde intensément à son tour, paraît presque absorbé par ses dires. Elle saisit son caleçon de ses deux mains, son jean suit. Elle s’y prend doucement, ressent que ça lui fait du bien. Elle va un peu plus vite. De son côté, il ne sait ou poser ses mains – il finit par saisir sa queue de cheval doucement, lui tire tout aussi doucement ses cheveux. Il semble commencer à faire pression en sens inverse pour qu’elle l’ait intégralement. Elle accompagne l’intention : le mouvement provoque une butée. Il gémit. Elle augmente la cadence après ça en allant plus vite, en attrapant son sexe avec sa main droite dans un mouvement de va et vient, corrélé aux mouvements de sa bouche. Elle poursuit, et là il lui dit « il m’en faut peu… ». Elle lui demande s’il a envie de venir maintenant, ou s’il préfère qu’elle s’arrête. Il rétorque qu’il n’a pas envie qu’elle s’arrête, mais qu’il n’a pas envie de venir de suite non plus. Elle elle lui propose de reprendre plus tard, ce à quoi il dit « ça me va ».
Il se rhabille, elle l’embrasse une nouvelle fois longuement. Puis elle lui demande comment ils vont s’y prendre pour engager le sujet avec N., car ils sont bien chauds tous les deux désormais. Il lui dis qu’il aimerait bien échanger avec N. seul, ce qu’il fait lorsqu’ils sortent des toilettes.
Elle sort fumer une cigarette, se met à discuter avec des personnes à l’extérieur. Quelques minutes passent. Elle reçoit un message de sa part lui disant de les rejoindre.
N. leur dit qu’il n’a jamais fait ça, qu’il n’est pas contre tenter. Qu’ils lui paraissent cool, ouverts, respectueux, que l’approche lui a plu. Elle souligne auprès d’N., qu’elle tient au respect dans cette forme de partage. Qu’en ce qui la concerne, il y a des choses qu’elle n’accepte pas. Elle le briefe en quelque sorte, sur ses limites. N. se montre raccord avec cela, puis ils conviennent ensemble qu’il n’y aura de rapport physique entre eux. Ce qui lui convient, à elle aussi.
Ils se mettent d’accord sur le lieu : se disent que cela s’avère facilitant au sein d’un environnement connu, actent qu’ils iront chez lui. Ils boivent tous un dernier verre ensemble, puis décident de partir du bar afin d’emprunter le chemin de chez lui.